Une cuisine comme nous l’utilisons tous, avec son frigo, son évier, ses placards intégrés, son four autonettoyant, sa table, ses chaises, son poste de radio et son calendrier des PTT. A l’intérieur, deux danseurs explorateurs en prise avec un mobilier bien décidé à leur jouer des tours : les portes des placards s’amusent de façon intempestive, la lumière change, le robinet se transforme en gentil serpent cracheur, le frigo ouvre sa porte et montre son visage et ses grandes dents… Pas une seconde de répit pour les deux personnages qui finiront par prendre la fuite face à cette cuisine devenue folle, pour entrer alors dans un jardin à l’abandon se recouvrant lentement d’un manteau de neige…
Inspiré de La poétique de l’espace de Gaston Bachelard, mêlant danse contemporaine, cartoon, mime, clown, dans une écriture chorégraphique extrêmement précise et exigeante, le spectacle nous incite à voir différemment notre rapport au quotidien, et à rire de la confrontation entre nos imaginations, nos besoins, et l’espace tel que d’autres l’ont prévu pour nous.
Il dévoile enfin, avec un humour que n’aurait sans doute pas désavoué Jacques Tati, tous les aspects facétieux, surréalistes, et toute la surprenante poésie dont les objets les plus insignifiants sont capables.