Sur le plateau nu, une grande toile sur laquelle défilent les images d’un road-movie à travers le grand nord canadien. Devant ces images filmées plein cadre, immenses, la contorsionniste Angela Laurier raconte les raisons de ce voyage : après de longues années d’absence, elle est retournée chez elle pour tenter de comprendre son histoire familiale marquée par la maladie mentale. On voit le père, puis le frère, se livrer face à la caméra et raconter les électrochocs, la dépression, la souffrance.
L’histoire familiale se raconte, douloureuse, bouleversante. Le corps virtuose de la contorsionniste se plie, se tord, comme pour résister à ces mots, finit par se redresser, libre, et on voit Angela Laurier enfant, sur la terrasse de sa maison, en train de faire la roue.
Spectacle autobiographique poignant, puisant au cœur même de l’intimité, Déversoir est un moment d'une exceptionnelle sensibilité, bien au-delà du cirque, qui raconte le poids du roman familial sur le corps et la force d'arrachement qu'il faut parfois exercer pour le redresser.